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Des ressources patiemment sélectionnées par l’association, pour nous donner des fondations solides dans le champ de l'écologie du livre et de la lecture.
7 ressources — Mise à jour le 20/04/2026.
Depuis la fin des années 1990, le marché du livre d’occasion subit le même phénomène de plateformisation que l’ensemble des marchés de consommation. Les libraires traditionnels et les bouquinistes ont investi, souvent à contrecoeur, les places de marché numériques et côtoient de nouveaux détaillants, extérieurs au monde du livre. - lire le résumé de la maison d'édition
Le développement du marché du livre d’occasion dans les dernières années est fortement marqué par la plateformisation. Le marché est passé de l’offre disponible (les livres présents en magasin) à une logique de quasi exhaustivité (on peut rechercher en ligne l’offre de livres d’occasion de son choix). Vincent Chabault mène une enquête sur plusieurs années avec pour objectif d’analyser les impacts de cette modification structurelle, sur les ventes, sur la constitution des assortiments, des prix et sur les acteurs, dont les plus traditionnels du marché que sont les libraires d’occasion, Gibert et Boulinier en tête. Son enquête apporte un regard très détaillé, presque technique, sur les algorithmes de gestion de stock et la constitution des prix sur le marché de l’occasion.
D’un côté, les acteurs traditionnels du marché sont amenés à modifier leurs manières d’acheter et de vendre. De l’autre, les plateformes BtoC et BtoB modifient complètement l’accès à l’offre. L’enjeu semble bel et bien de maintenir une expertise humaine et physique autour de ce secteur de commercialisation du livre.
Quelle place occupe encore la littérature à l’ère du capitalisme tardif ? Sans jamais céder à la veine du pamphlet, cette étude engagée et documentée, inédite par sa forme comme par son ambition, démontre avec une perspicacité aiguë combien, depuis plusieurs décennies, est à l’œuvre un processus d’aliénation des productions livresques à la nouvelle « économie de l’attention », menaçant l’autonomie du champ littéraire et de ses formes propres de légitimation. - lire le résumé de la maison d'édition
Dans cet ouvrage, écrit à 4 mains, les autrices analysent les logiques de concentration dans les mondes du livre et de la lecture sous le prisme du capitalisme tardif, en montrant ses conséquences sur la création littéraire même. En répondant aux objectifs d’un marché obsédé par la rapidité et la production, l’œuvre devient un produit et l’écrivain·e un·e auteur·ice, en perdant, en route, la dimension intemporelle de la création. Par une standardisation de l’offre, le livre de création, encore défendu en majorité par l’édition indépendante, perd de plus en plus de terrain, au profit de livres de reproduction, apanages des grands groupes éditoriaux aux méthodes commerciales offensives. Un ouvrage très riche, parfois un peu sinueux, dans une approche originale qui mêle critique littéraire et impact politique.
Cette édition se compose d’entretiens réalisés avec 17 artistes éditeurices. Iels expliquent leurs pratiques et en quoi l’autoédition et l’édition indépendante est importante pour la diffusion d’idées et d’histoires qu’on ne trouve pas dans les média dominants.
Ces entretiens questionnent les pratiques de l’édition, l’intérêt de faire des livres à petite échelle, de façon indépendante et écologique. Tout en percevant leurs limites, les éditeurices montrent leur grande liberté de raconter des histoires oubliées et qui leur semblent nécessaires pour contrebalancer les logiques capitalistes et libérales.
“C’est lorsqu’on commence à entretenir une relation professionnelle avec les livres que l’on découvre à quel point ils sont généralement mauvais.” - lire le résumé de la maison d'édition
Ces textes – précurseurs – de l’auteur et journaliste britannique Georges Orwell nous éclairent sur sa manière tout à fait honnête et personnelle de considérer son métier de libraire et de critique littéraire. En posant un constat acerbe et plein d’ironie sur la vacuité – déjà constatée – d’une offre éditoriale trop importante, l’écrivain nous fait part de son impossibilité à exercer le métier de libraire, après une expérience désenchantée : « à les voir en légions de cinq ou six mille dos contre dos, ils m’ennuyaient d’avance et me provoquaient même une légère nausée ». En tant que critique littéraire, il se pose la question de sa légitimité et de l’utilité d’un jugement pertinent sur ce qui est bon ou non. Par sa sincérité pleine d’humour, Orwell soulève plusieurs questions pour les professionnel·les du livre ainsi que les lecteur·ices sur notre rapport à la multitude, à l’œuvre reproductible, et à notre rapport personnel à la lecture ; nous rappelant alors que celui-ci s’inscrit peut-être dans l’approche étendue et exigeante d’une réelle rencontre.
À l’heure où les préoccupations environnementales prennent de plus en plus d’importance et où les schémas de production classiques sont questionnés de façon croissante, le livre écologique, responsable et solidaire existe-t-il ? - lire le résumé de la maison d'édition
Abordant autant les questions de matérialité du livre que les notions d’écologie sociale et symbolique, ce numéro de la revue Bibliodiversité permet de découvrir les notions essentielles pour réfléchir à la question de l’écologie du livre. De la fabrication (matières premières, papiers, labels, impression…) à la question des statuts des acteur·ices (SCOP, autres statuts de l’économie sociale et solidaire…), en passant par la commercialisation et la vente (diffusion, distribution, librairie), l’ouvrage brosse un portrait clair de la situation actuelle.
Des témoignages et exemples précis viennent illustrer les propos théoriques et rendre compte des initiatives prises par des acteur·ices soucieux de faire bouger les lignes : l’exemple de la fabrication avec les Cartoneras, l’expérience des éditions Rue de l’échiquier, l’histoire de Serendip, diffuseur indépendant, des initiatives d’imprimeurs et de bibliothécaires… La revue met en valeur l’importance de la prise de conscience collective écologique et sociale dans le domaine du livre, afin de penser ensemble l’avenir d’une filière qu’il est grand temps de faire évoluer.
Pour Virginia Woolf, les livres doivent tenir tout seuls sur leurs pieds : ils n’ont besoin d’aucune exégèse pour être appréciés par leurs lecteurs. C’est vrai mais cela ne l’a pas empêchée – pour notre bonheur – de consacrer plus d’un article à ses confrères auteurs vivants ou morts et à leurs œuvres. (…) Ce sublime panorama se termine par ses réflexions relatives à une question qui reste d’actualité : « Est-ce que l’on écrit et publie trop de livres ? ». Celui-ci, du moins, nous manquerait s’il n’existait pas. - lire le résumé de la maison d'édition
Dans un dialogue d’une rare écoute et intelligence, le couple Woolf discute de la question – posée de manière un brin provocante – : « Est-ce que l’on écrit et publie trop de livres ? ». Pour Virginia, non, car cet accroissement éditorial est concomitant à une démocratisation de l’écriture. Plus de livres, certes, mais aussi davantage de voix qui prennent la parole ; et non plus celles uniquement des dominant·es ou des favorisé·es. En d’autres mots, sans que cela soit dit dit ainsi, cette augmentation des publications serait gage de bibliodiversité… Alors que pour Leonard, cela aurait, à l’inverse, pour conséquence l’arrivée d’une multitude d’ouvrages inutiles, voire… de reproduction ! Nous ne sommes qu’en 1927 et les grands éléments du débat de l’écologie du livre sont déjà là : hyperproduction, industrialisation de la production, variété de l’offre, voix minorisées… Un dialogue percutant, court et particulièrement éclairant.
Ce livre raconte l’itinéraire d’un homme et l’histoire d’une maison d’édition. - lire le résumé sur le site de la maison d'édition
Au-delà de l’histoire familiale de l’auteur et de son parcours professionnel propre – passionnants l’un et l’autre –, André Schiffrin explique avec beaucoup de clarté les débuts de la concentration et de la financiarisation du monde de l’édition aux États-Unis. Témoin de l’arrivée de financiers à la tête des maisons d’édition (en lieu et place des éditeurs traditionnels), l’éditeur voit se modifier le paysage éditorial : la rentabilité seule, livre par livre, est attendue, au détriment de l’intérêt et de la qualité intrinsèques de l’ouvrage, et les catalogues s’appauvrissent. Dans une logique de concentration, les groupes acquièrent des maisons indépendantes, exigeant dès lors des équipes une rentabilité à deux chiffres jamais atteinte dans le milieu, les obligeant à renoncer à la publication d’ouvrages exigeants…
S’il est question dans cet ouvrage, publié en 1999, des États-Unis, le lien est néanmoins fait avec le monde de l’édition en France. Si l’auteur pensait alors que la France échapperait à ce double mouvement de financiarisation et de concentration – exception culturelle oblige… –, dans Le Contrôle de la parole, que l’on pourrait considérer comme une suite à L’édition sans éditeurs, l’auteur montre que l’édition française a été rapidement touchée à son tour.
Un ouvrage incontournable pour comprendre les logiques hégémoniques des groupes et des industries.